Désolée, j’ai besoin de cracher mon venin, une dernière fois. Parce que depuis que B. (et ce sera sûrement le seul à lire ça, aussi je te dis pardon à l’avance) ce blog, tout est devenu qu’un tas de merde dans ma vie. Je veux dire B., comprends bien ça : ce blog personne ne le lisait, exception faite à quelques amies d’internet, qui donc, ne te connaissaient ni d’Adam, ni d’Eve. Ce blog, c’était un défouloir, pour essayer justement de maintenir ma vie à un niveau correct de stress. Et là, ben, je peux plus, j’explose, et putain, ouais, si tu savais comme je t’en veux. Tu m’as pris les seules choses qui me permettaient de respirer depuis un an ; ce blog, et puis ma nouvelle. Ma nouvelle putain ! La seule chose à laquelle je m’accrochais, la première qui en valait la peine. Et maintenant, plus rien. Plus un mot n’y a été ajouté depuis ce fameux mercredi. J’ose à peine prononcer son nom, et si tu savais comme j’en ai marre de ça.
Parfois, je me dit que je vais me poster devant toi, un jour, et te balancer que c’est moi, ouais c’est moi, hein, tu t’y attendais pas, hein, avoue. De toute façon comment s’y attendre ? Tu ne me connais pas. Tu ne m’as même jamais adressé la parole. Mais j’aimerais le lancer, comme ça, hurler “Le Grand Saut” dans les couloirs du bahut, genre. Ce serait drôle, moins pour moi. Je passerais pour une folle quelques jours, puis plus rien. Qu’est-ce que t’en penses ?
Ahah, détrompe-toi pourtant, car je ne ferais rien d’autre que bouillir d’énervement dans mon coin. Si tu savais comme tout ça est con. Si tu savais comme je ne t’ai jamais aimé. Non, j’en aime un autre. Toi, tu étais censé être l’anti-dépresseur, pour oublier le premier, tu vois ? Sache-le, tu étais un prozac efficace. Merci pour ces petits moments d’illusions que j’ai vécu. Mais c’est fini. Oui. Maintenant tu ne marches plus. Je sais pas si tu n’as jamais marché sur moi (comme un placebo, quoi), ou si c’est juste le fait que tu apprennes cette importance que tu avais sur moi qui a tout changé, mais le fait est que ça le marche plus.
Pourquoi j’écris ça ? J’en sais tellement rien, si tu savais. Parce que je pète les plombs, et je me mords les doigts de ne plus avoir un blog. Un blog où hurler que j’ai envie de partir sur Mars pour oublier que les gens continuent de mourir tous les jours, que les gens qu’on aiment sont loins, que la Californie fait passer des propositions absurdes, que rien ne va comme sur des roulettes ; pour écrire, comme si j’y croyais, comme si un jour mon nom serait sur un bouquin, et cracher ma méchanceté, ma jalousie, les vipères qui me rongent de l’intérieur et que je garde pour moi.
Tu vois, ce que je regrette, c’est Le Grand Saut. Ce blog. Ce monde que je m’étais créé. Je croyais qu’il n’était qu’à moi. Inviolable. En même temps, c’est gentil de m’avoir ouvert les yeux avant que je poste des choses bien plus confidentielles, mais d’un autre côté, je t’en veux d’avoir allégrement posté l’adresse un peu partout. Tout le monde -même mes amis- a pu lire ce qui ce que j’estimais comme mes pensées les plus secrètement publiques. Mes doutes. Mes angoisses. Et toute cette histoire n’a fait que me les envoyer dans la gueule avec une violence que je n’aurais pas cru possible. Impossible de ne pas se noyer dans ce merdier, maintenant.
Tu me diras, un tumblr, ça s’ouvre vite, qu’est-ce qui m’empêche, là, maintenant, d’en créer un ? La preuve, tu en as bien ouvert un pour l’occasion. Oui, mais non. Ca ne fonctionne pas ailleurs, j’ai essayé. Alors ouais, j’en peux plus. Je ne me sens plus à l’aise nulle part, et je vais pas dire que c’est de ta faute, ce serait un peu l’hôpital qui se fout de la charité, tout ça, mais je me dis que si ça sort, si je l’écris, si je le dis, 1- peut-être que ça t’éclairera un peu, à et la réflexion tu mérites des explications, 2- j’aurais plus ce sentiment de honte qui me colle à la peau. Loin de moi l’idée de t’envoyer plus bas que terre (et j’arrête pas de relire, et je me dis qu’une fois de plus j’aurais pu être plus humaine…), juste de poser à plat quelques trucs.
Si t’as des trucs à dire aussi (ptêtre jme gourre, hein, t’as sûrement lâché l’affaire depuis des siècles, et t’aurais bien raison), ben t’as un tumblr, sers t’en.